Mes premières photos sont survenues sans crier gare.
Un besoin vital de donner à voir l’intense, le beau,
en garder un trace, comme pour ne pas oublier,
se donner du courage et apprivoiser la mélancolie.
Alors tout est possible.
Même ce rêve insensé d’un paradis perdu enfin retrouvé.
Emma Barthere

Emma Barthère est une photographe franco-catalane née en 1982 à Oloron-Sainte-Marie (Pyrénées-Atlantiques).
Elle développe une pratique photographique qui explore les états de transformation, les seuils et les espaces de porosité où les frontières entre humain et non-humain, visible et invisible, corps et territoire cessent d’être des lignes de séparation pour devenir des lieux de relation. Nourrie par l’anthropologie, la philosophie et une sensibilité écoféministe, sa recherche interroge les formes de mémoire, de transmission et de coexistence qui persistent lorsque les récits vacillent. La photographie devient pour elle un acte d’attention, une manière de rendre perceptibles les liens qui nous unissent au vivant.
Formée à l’École des Gobelins à Paris après un parcours mêlant arts vivants et arts plastiques, elle travaille pendant plusieurs années à Paris puis en Normandie aux côtés de photographes portraitistes, dans des univers allant de la presse à la mode. Elle choisit progressivement de s’éloigner du studio pour développer une recherche artistique personnelle, ancrée dans le paysage, le corps et les territoires.
Son parcours alterne collaborations professionnelles et périodes de recherche, pensées comme des temps d’expérimentation et de renouvellement artistique. Elle collabore notamment avec le critique d’art Paul Ardenne, qui signe la préface de son livre Pieds Nus (éditions Chez Higgins), ainsi qu’avec le galeriste Guido Romero Pierini.
En 2021, elle revient vivre dans son territoire d’origine, au cœur du Béarn. Ce retour marque un tournant décisif dans sa pratique. Le paysage pyrénéen, la montagne, le pastoralisme et une proximité renouvelée avec le vivant deviennent les fondements d’une recherche photographique attentive aux relations entre les êtres, les lieux et les mémoires qui les traversent.
Sa série Homo Bestia, soutenue par le Parc national des Pyrénées, explore la figure du devenir-animal comme un espace de métamorphose et de résistance intime. Présentée au Musée de Vernon en 2024, puis au Musée Saint-Remi de Reims en 2026, ainsi qu’à Evreux en 2026 dans le cadre du festival Les AnthropoScènes, cette série invite à repenser notre place parmi les vivants et les récits que nous construisons avec eux.
